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General Issues
Human Rights & Civil Rights
Identity & Diversity
Law Enforcement, Criminal Justice & Corrections
Specific Topics
Ethnic/Racial Equality & Equity
Ethnic/Racial Relations
Community & Police Relations
Location
United States
Scope of Influence
National
Links
https://blacklivesmatter.com/
Videos
https://www.youtube.com/watch?v=c1IopsKY0dY
Start Date
Ongoing
Yes
Time Limited or Repeated?
A single, defined period of time
Purpose/Goal
Make, influence, or challenge decisions of government and public bodies
Develop the civic capacities of individuals, communities, and/or civil society organizations
Approach
Protest
Social mobilization
Advocacy
Spectrum of Public Participation
Inform
Open to All or Limited to Some?
Open to All With Special Effort to Recruit Some Groups
Targeted Demographics
Racial/Ethnic Groups
Lesbian/Gay/Bisexual/Transgender
Low-Income Earners
Legality
Yes
Facilitators
Yes
Facilitator Training
Untrained, Nonprofessional Facilitators
Face-to-Face, Online, or Both
Both
Types of Interaction Among Participants
Discussion, Dialogue, or Deliberation
Express Opinions/Preferences Only
Storytelling
Information & Learning Resources
Written Briefing Materials
Video Presentations
Teach-ins
Decision Methods
Not Applicable
Not Applicable
Communication of Insights & Outcomes
New Media
name:insights_outcomes-key:insights_outcomes_value_protestspublic
Traditional Media
Type of Organizer/Manager
Activist Network
Individual
Social Movement
Type of Funder
name:funder_types-key:na
Staff
No
Volunteers
Yes
Evidence of Impact
Yes
Implementers of Change
Lay Public
Stakeholder Organizations
Formal Evaluation
Yes
Evaluation Report Links
https://ajph.aphapublications.org/doi/abs/10.2105/AJPH.2015.302706
http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1095796015620171?journalCode=nlfa

CASE

Le Mouvement Black Lives Matter

First Submitted By hmadenian

Most Recent Changes By Scott Fletcher, Participedia Team

General Issues
Human Rights & Civil Rights
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Law Enforcement, Criminal Justice & Corrections
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Ethnic/Racial Equality & Equity
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Black Lives Matter (BLM) est un mouvement pour l’équité raciale et la fin de la brutalité policière envers des Afro-Américains et l’oppression internationale des personnes noires.

Note: an English version of this entry is available at: https://participedia.xyz/case/4415

 

Problems and Purpose

Les activistes de Black Lives Matter (BLM) travaillent à la reconstruction du mouvement de libéralisation des Noir(e)s et appellent à l’action pour répondre au racisme virulent aux États-Unis. Le mouvement a principalement pour but d’élargir la conversation autour de la violence étatique pour inclure toutes les manières dont les Afro-Américain(e)s sont intentionnellement rabaissé(e)s par l’État, qui va jusqu’à bafouer leurs droits fondamentaux dans certains cas. BLM dénonce la façon dont les vies noires sont dénigrées et privées de leur dignité et droits fondamentaux et se présente comme une intervention politique et idéologique qui vise à ce que les communautés noires ne soient plus systématiquement et intentionnellement ciblées par la violence policière. Plus précisément, les activistes qui prennent part au mouvement n’entendent pas que les vies noires sont plus importantes que d’autres, mais que dans une société où les droits fondamentaux des personnes noires peuvent être ignorés, la libération de ces-dernières devient fondamentale pour la liberté de tous.

Le mouvement avait également pour but d’informer l’ensemble de la nation sur ce que peuvent vivre les communautés noires afin que personne ne puisse affirmer qu’il ne savait pas. Les activistes ont trouvé dans les réseaux sociaux le meilleur moyen de contourner les médias habituels et de faire passer le message. Ensuite, la question de la violence s’élargit sur les conditions des communautés noires en mettant une emphase particulière sur les femmes, les transsexuels, les queers, et tous ceux qui sont stigmatisés au sein même et en dehors de cette communauté. Le but ultime du mouvement BLM est d’affirmer la valeur de leur vie et de se libérer de la suprématie blanche qui établit les catégories et normes sociales sur l’ensemble du pays. 

Background History and Context

Aux États-Unis, la question des violences policières à l’encontre de jeunes hommes Noirs a relancé les débats les dernières années, particulièrement depuis 2012 avec la mort de Trayvon Martin, un jeune Afro-Américain non armé de 17 ans et l’acquittement du policier qui l’a tué, Zimmerman, affaire qui a fait considérablement monter la tension sur le sujet. De nombreuses vidéos montrant le meurtre de jeunes Afro-Américains alimentent les accusations citoyennes d’abus de l’usage d’armes par les policiers. De nombreux militants des droits civiques affirment que le pays est en proie à un véritable racisme institutionnalisé ciblant les communautés noires et particulièrement les jeunes hommes de celles-ci. En effet, alors que cette communauté représente 13% de la population, elle représente 26% des victimes d’actions policières meurtrières. Bien que la ségrégation ait été abolie en 1954, la situation des personnes noires aux États-Unis restent inégale par rapport aux personnes blanches composant la majorité de la population. En effet, il y aurait aujourd’hui plus de Noirs tués par les forces de l’ordre que de lynchages en 1892 alors que la ségrégation était en cours.

De ce fait, malgré les nombreuses avancées des droits civiques, la violence institutionnelle persiste et ce sont les jeunes hommes noirs entre 15 et 35 ans qui en font principalement les frais. Une étude britannique révélait d’ailleurs qu’un jeune noir aurait cinq fois plus de risque d’être tué par un policier aux États-Unis qu’un jeune blanc. De plus, dans presque toutes les sphères de la société américaine, les Noir(e)s restent désavantagé(e)s : 42% des enfants noirs sont scolarisés dans des établissements de grande pauvreté, 32% des itinérants dans le pays sont des personnes noires, et les Noir(e)s représentent aujourd’hui la moitié de la population carcérale. Ces réalités vécues par les communautés alimentent leur indignation et leur colère puisque les violences policières laissent planer un sentiment d’insécurité dans leur pays. C’est donc à la suite de l’acquittement de Zimmerman en 2013 qu’Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi, révoltées par la décision des juges, ont créé le hashtag #BlackLivesMatter sur les réseaux sociaux en ligne. Resté dans l’ombre plusieurs mois, le hashtag sera finalement repris par des millions d’internautes lors de meurtres d’Afro-Américains non armés par les forces de l’ordre et entrainera la création d’un mouvement plus large aux États-Unis et dans d’autres pays, le Black Lives Matter. En 2014, le mouvement, distinct du hashtag, a initié une conversation nationale urgente sur la question des meurtres par des policiers de jeunes Afro-Américains non armés. Le mouvement est devenu significatif quelques mois après les révoltes importantes qui ont eu lieu dans la ville de Ferguson. 

Organizing, Supporting, and Funding Entities

La particularité de BLM, outre le fait que les activistes aient particulièrement bien ciblé l’utilisation des médias sociaux pour la mobilisation, tient du fait qu’il soit composé de plusieurs leaders. Bien qu’inspiré des mouvements de libération américains guidés par Martin Luther King ou encore Malcolm X, il n’y a pas un seul homme Noir prédicateur qui parlerait au nom de toute la communauté noire. Aucune voix plus charismatique que d’autres, dans les faits, ne devrait prétendre en représenter d’autres, selon les initiatrices du mouvement. En ce sens, les multiples leaders sont considérés comme des révolutionnaires des temps-modernes qui dirigent un nouveau mouvement des droits civils sans intention de revenir en arrière. Toutefois, c'est les trois femmes à l’origine du hashtag ont créé l’infrastructure du projet de mouvement pour qu’il soit visible et actif dans l’espace publique. Mais, certains chercheurs qui se penchent sur la question des leaders du mouvement voient les choses autrement. En effet, bien que BLM ait été créé par trois femmes, les personnes les plus influentes sont encore des hommes pour la grande majorité ainsi et sont eux qui ont la plus grande capacité de connecter les individus entre eux.

La question du financement reste très peu abordée dans les écrits sur BLM. Il semblerait alors que l’information partagée sur les réseaux sociaux ne nécessite pas de financement particulier puisque les plates-formes que sont Twitter et Facebook, par exemple, sont gratuites pour tous. Les manifestations engendrées par l’organisation en ligne, étant donné qu’elles découlent de gestes citoyens individuels, ne demandent pas non plus de générer des fonds monétaires. Toutefois, la tenue de conférence et la gestion du mouvement nécessite du financement. C’est en faisant appel aux dons en ligne que BLM parvient à lever des milliers de dollars et ainsi, à perpétuer le mouvement. Les réseaux sociaux utilisés permettent également d’offrir des donations directes aux familles des victimes, aux personnes innocentes incarcérées, aux procès judiciaires et au mouvement. Le financement de BLM dépend donc de l’ampleur du partage de l’information et de la profondeur de la solidarité au sein et hors de la communauté noire américaine. Des levées de fond et activités caritatives sont également organisées par les activistes à l’échelle du pays et permettent l’organisation et la continuité du mouvement (Twitter). 

Participant Recruitment and Selection

BLM s’assure d’associer des structures de pouvoir localisées à un processus inclusif qui intègre consciemment des militantes féminines, des lesbiennes, des gays, des transgenres et des queers, des pauvres et des travailleurs. Par exemple, le militant le plus performant et le plus suivi sur Twitter est un homme noir homosexuel et l’une des fondatrices s’identifie comme queer mariée à un transgenre. Le mouvement se veut ouvert et accessible à tous en étant conscient des clivages qui existent au sein de la communauté noire et en mettant l’attention sur la représentation de tous les individus et réalités au sein de BLM. 

Bien qu’il soit cadré en termes raciaux, il n’exclut en aucun cas les personnes blanches qui désirent y prendre part. Même s’il fait l’apologie des vies noires, les activistes semblent conscients que des vies blanches sont alertes sur les conditions de vie et les inégalités vécues par leurs compatriotes et veulent ainsi prendre part au mouvement. Des membres d’Anonymous, des célébrités noires, des conservateurs contre l’abus de pouvoir des policiers, des démocrates ainsi qu’un nombre considérables de jeunes participent au mouvement. Le but est d’élargir la participation au maximum pour que les histoires individuelles des militants, associées les unes avec les autres, permettent d’offrir un paysage diversifié et plus réel des situations vécues par l’ensemble de la communauté noire. 

Grâce au peu de barrières à l’entrée du mouvement, BLM a ainsi pu bouger rapidement des médias sociaux à la rue puisque, grossièrement, quiconque a un compte Facebook ou Twitter et une conscience sociale en lignée avec les principes établis de BLM peut joindre le mouvement. Étant un mouvement noir, multiracial, féministe, non confessionnel, et jeune, il permet à un large pan de la population noire de se retrouver dans les valeurs de BLM et d’y participer en ligne ou hors ligne. La vision des protestataires, vêtus des vêtements de tous les jours lors des manifestations, renforcerait l’idée que n’importe qui pourrait et devrait prendre part au mouvement. 

Pour ouvrir l’accès à tous, les activistes ont utilisé les médias sociaux nouvellement développés ce qui a permis d’atteindre rapidement des milliers de personnes aux idées similaires à travers le pays, rejetant ainsi la structure traditionnelle de mouvement centré sur un homme charismatique et du processus du prise de décisions du haut vers le bas. Les personnes noires marginalisées par les institutions et par leur propre communauté ont ainsi joué un rôle central et hautement visible dans la formation de BLM, dans l’organisation et dans les manifestations communautaires qui ont toujours lieu. En ce sens, le mouvement ne sélectionne pas les participants, qui veut y adhérer le peut, tant et aussi longtemps que tous luttent pour la justice sociale en général et contre les discriminations vécues par les Noir(e)s, particulièrement les jeunes victimes d’abus policiers. 

Methods and Tools Used

BLM est un mouvement puissant mais particulièrement diffus lié, non pas par la proximité physique ou le consensus politique, mais par la force de mobilisation des médias sociaux. Un seul mot ou hashtag sur Twitter permet de relier les histoires des victimes de violences policières qui dépassent les frontières géographiques et une seule image sur Facebook peut entrainer une mobilisation d’un grand nombre de personnes en quelques minutes seulement. Les évènements ne sont plus invisibles et disparates mais exposés au grand public et liés entre eux. La délibération et le partage de l’information se font d’abord et avant tout en ligne. Les activistes communiquent en ligne et construisent une solidarité à travers les réseaux virtuels qui donnent à leurs voix distinctes une attention nationale et un pouvoir de masse. La délibération et les prises de décisions se font en ligne, grâce au partage massif de l’information par des dizaines de milliers d’internautes, et les actions se font dans l’espace public réel. 

Pour ce qui est de l’interaction, outre les protestations populaires, les participants élargissent leur travail de plaidoyer dans les médias de masse plus traditionnels et à travers le dialogue avec des élus politiques, ce qui constitue un élément primordial pour espérer faire changer les choses. Il ne suffit pas d’échanger en ligne, il faut également agir et cibler les personnes clefs pour faire entendre et avancer la cause des participants du mouvement BLM. De ce fait, le mouvement devient hautement visible et peut éliminer certaines réponses provenant des élites et ainsi générer une conversation nationale sur les inconduites policières. Dans l’interaction publique, les membres sont engagés avec les politiciens et la presse, par des moyens conventionnels et contentieux, qui reconnaissent le pouvoir de mobilisation et de pression du mouvement. En fait, le mouvement ne se contente pas d’avoir un mode d’action particulier mais varie entre le conventionnel et le contentieux, l’action de large ampleur et de petite, le périodique et le long terme, ce qui augmente sa force d’impact publique.

Deliberation, Decisions, and Public Interaction

Le mouvement de protestation qui a éclaté autour de la violence policière et la réforme du système pénal s’est d’abord propagé comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux en ligne comme un forum politique afin que la mémoire des victimes soit honorée et que les histoires personnelles d’abus soient révélées publiquement dans le but de créer un espace où les personnes puissent partager les informations et s’organiser dans la lutte pour la libération des communautés noires. Par le biais des réseaux sociaux et d’appels téléphoniques nationaux, elles ont pu connecter les individus à travers le pays pour éradiquer des formes variées d’injustice ayant un impact sur les personnes de la communauté noire. Le mouvement original en ligne était donc un espace de célébration et d’humanisation des vies noires qui permettrait de mettre de la pression sur les institutions politiques. 

La délibération et le partage de l’information se font d’abord et avant tout en ligne. Les délibérations en ligne peuvent être conflictuelles puisque les participants viennent de milieux divers. Par exemple, des conservateurs interagissent régulièrement avec des participants de BLM sur la brutalité policière. Même si les causes ne sont pas vues et vécues comme étant les mêmes, les individus de ces deux univers que sont principalement la jeunesse de la communauté noire et les politiciens conservateurs trouvent tout de même un terrain d’entente puisque leurs buts de mettre fin à l’abus policier restent les mêmes. 

Les activistes les plus puissants du mouvement comprennent que toute l’organisation ne peut se dérouler qu’en ligne mais qu’elle doit être construite à travers des relations en face à face. Ici, une confiance nécessaire pour s’affirmer en tant que collectif et exercer le pouvoir collectif est construite afin d’amener des changements dans la vie des communautés noires.

Le slogan Black Lives Matter est devenu attractif, particulièrement durant les protestations qui ont suivies la mort de Michael Brown où il était inscrit sur de nombreuses bannières. Le mouvement a ainsi pu passer de la vie virtuelle à la vie réelle. La raison pour laquelle le hashtag s’est propagé si rapidement est qu’il a dilué les complexités de la brutalité policière, de l'inégalité raciale et de la justice sociale dans un slogan simple et facile à retenir qui correspond à un tweet. Étant un grand parapluie de campagnes pour la justice sociale sous lequel de nombreux enjeux été adressés, il a permis de représenter de nombreuses voies et de prendre rapidement de l’ampleur.

BLM utilise donc les médias sociaux pour relier les personnes qui partagent la même lutte afin qu’ils se connectent hors ligne et agissent dans leur communauté en organisant des marches et des manifestations, par exemple. En ce sens, la plateforme informatique est un espace délibératif où les participants peuvent échanger, collaborer, monter des stratégies, conspirer sur la manière dont les Noir(e)s peuvent se libérer définitivement de la suprématie blanche et s’organiser pour des rencontres physiques de petite ou grande ampleur. En d’autres termes, BLM a sur reconnaitre la valeur des médias sociaux dans l’élaboration d’un agenda politique collectif. Ceux qui vivaient à l'extérieur des villes où des manifestations physiques étaient tenue et ne pouvaient pas y participer ont au moins la capacité de s'engager dans une conversation en ligne, faire un don d'argent pour aider les activistes à travailler dans des communautés physiques et partager des informations Les réseaux personnels des individus les aident ainsi à se connecter à une communauté plus grande. 

Influence, Outcomes, and Effects

BLM n’est pas le premier mouvement à dénoncer l’abus policier ou les inégalités sociales en général. Avec l’augmentation de sa visibilité et de ses adhérents, il a pu se joindre à d’autres organisations telles que Coalition Against Police Violence, Black Youth Project 100, Million Hoodies Movement for Justice ou Dream Defender,s qui mobilise les communautés contre le profilage racial et l’oppression étatique. Ces organisations présentes dans l’ensemble du pays étaient présentes avant BLM, ce qui signifie que le mouvement a catalysé la question mais ne l’a pas forcément cadrée de façon unique. À ses débuts, BLM n’était qu’un groupe pour la liberté des droits formé durant les protestations contre la libération de George Zimmerman parmi tant d’autres. Mais contrairement à la plupart des autres mouvements, BLM a immédiatement reconnu la valeur des médias sociaux dans le développement d’un agenda politique et la mobilisation de l’action, et les a ainsi influencés. Les activistes ont créé un mouvement différent des campagnes pour la liberté des Noir(e)s qui l’ont précédé.

Pour son utilisation de la technologie, BLM a été influencé par le Printemps Arabe de 2011 ayant pour philosophie que toute une société peut être perturbée par une simple idée. Selon les persécuteurs de cette idéologie, et par le fait même de BLM, la gauche du web permettrait d’aplatir les hiérarchies et les processus de gouvernance combiné à une utilisation de la logique des médias sociaux pour l’approfondissement du consensus. Au niveau idéologique, BLM tire son inspiration des mouvements des droits civiques et de Black Power des années 60, du mouvement féministe, du mouvement Pan Africain et de celui hip-hop politique des années 8o, du mouvement LGBT des années 200 ainsi que du Printemps Arabe des années 2010. Un aspect de la réussite de BLM découle de l’application de l’idée politique féministe que ‘le personnel est politique’. Ainsi, la fusion de la technologie et de cette politique féministe a permis une augmentation rapide de l’organisation du mouvement.

Bien que tous les Américains de la communauté noire ou contre la brutalité ne s’alignent pas avec BLM, il n’en reste pas moins que le mouvement a eu pour effet d’abord de créer un réseau de solidarité nationale mais surtout de changer la conversation politique pour l’orienter vers la question institutionnelle du racisme systémique. Il a remis en question la manière de comprendre la question au niveau civil, légal et politique, ce qui diffère des autres groupes aux buts plus diffus. Le but est donc plus précis mais la cible est plus large. En effet, le mouvement tend à améliorer la vie quotidienne d’une minorité raciale oppressée, les Noir(e)s en général et les jeunes noir(e)s en particulier, alors que d’autres luttent pour un groupe social défini plus largement, comme les 99% par exemple. Un autre effet de BLM est de remettre publiquement en question non seulement l’establishment politique blanc mais également noir. Puisque la situation ne change pas malgré l’élection de l’ancien président noir ou la présence de personnes noires à des postes importants dans la politique, l’économie ou les forces de l’ordre, les activistes mettent sur la table la nécessité de repenser le système qui avantage la majorité blanche et l’aliénation de certains Noir(e)s. BLM a également eu pour effet d’élever la voix des femmes noires et de montrer leur contribution quotidienne à la communauté et à l’ensemble de la population. D’autant plus que ce sont initialement ces-dernières qui ont su instrumentaliser les médias sociaux pour faire entendre leur cause.

Analysis and Lessons Learned

La montée de BLM a indubitablement permis de rendre visible les enjeux de la brutalité policière et des inégalités raciales dans le pays (Freelon et alt, 2016, p.36). Leurs protestations ont d’ailleurs encouragé le parti Démocrate à défendre les enjeux concernant la communauté noire et les électeurs noirs plus sérieusement. La plupart des candidats démocrates à la présidentielle développent de nouveaux agendas de politique sociale qui concernent particulièrement des réformes à propos des forces de l’ordre et de l’incarcération racialement disproportionnée (BlackPast, 2017). 

Qualifié comme un nouveau mouvement des droits civils qui se démarque fortement des précédents mouvements de libération, il se pose la question de savoir comment BLM intègre les principes de la démocratie participative et quelles sont ses limites. Les médias sociaux sont essentiels à la collecte de fonds, à la délibération et à l'organisation des participants. La force du mouvement résulte du fait qu'il est autant présent sur les plates-formes virtuelles que dans l'espace public, au point d'avoir remodelé la conversation nationale sur l'abus de la police. La multiplicité des dirigeants permet au mouvement de se détacher des anciens processus de mouvements sociaux généralement menés par un seul homme charismatique. L'ouverture à tous, la possibilité de participer à de multiples façons et les processus organisationnels collectifs feraient du mouvement un véritable projet participatif, mais ce n'est pas sans limites. Les principes écrit et parlé ne sont pas toujours en phase avec la réalité et BLM a eu pour effet de créer plusieurs mouvements pour le contrer et, dans la population, cela a aussi entrainé des réactions négatives et la création de contre mouvements. Par exemple, pour répondre au BLM, des citoyens ont mis en place le hashtag et mouvement ‘All lives matter’. Ces derniers dénoncent la segmentation raciale de BLM qui insinuerait que seules les vies noires importent alors que les statistiques prouvent que des Blancs sont également tués par des policiers chaque année. All Lives Matter affirme que les institutions étatiques ne sont pas en prise avec un racisme systémique et que BLM encourage davantage la ségrégation raciale (Halstead John, 2016). À cela, les activistes de BLM répondent que dans la réalité, certaines vies semblent avoir plus d’importance que d’autres et qu’All Lives Matter neutralise le fait que ce sont majoritairement les Noir(e)s qui ont à se battre pour leur vie actuellement aux États-Unis (Day, Elizabeht, 2015). Un autre contre-mouvement a vu le jour appelé Blue Lives Matter qui met de l’avant les réalités vécues par les policiers, les dangers qu’ils encourent pour protéger l’ensemble des citoyens et leurs besoins tout en dénonçant l’idéologie anti-police de BLM. Blue Lives Matter est rejoint par des membres des forces de l’ordre, du gouvernement, de la société civiles et des institutions fédérales (BlueLivesMatter, 2017). En ce sens, bien que BLM ait su mettre les projecteurs sur certains enjeux, cela a eu pour effet de créer une polémique nationale qui divise la population, certains s’organisant en différents groupes pour contrer le mouvement analysé et neutraliser son influence. 

References

BlackLivesMatter. 2014. The creation of a movement. En ligne. http://blacklivesmatter.com/herstory/ (page consultée le 15 juillet 2017).

Blackpast. 2017. Black Lives Matter : the growth of a new social justice movement. En ligne http://www.blackpast.org/perspectives/black-lives-matter-growth-new-social-justice-movement (page consultée le 16 juillet 2017).

BlueLivesMatter. 2017. Beyond the line. En ligne. https://bluelivesmatternyc.org/pages/frontpage (page consultée le 17 juillet 2017).

Day Elizabeth. 2015. «#BlackLivesMatter : the birth of a new civil rights movements ». Dans The Guardian. En ligne. https://www.theguardian.com/world/2015/jul/19/blacklivesmatter-birth-civil-rights-movement (page consultée le 14 juillet 2017).

Demby, Gene. 2014. Combining through 41 million tweets to show how #blacklives matter exploded. En ligne. http://www.npr.org/sections/codeswitch/2016/03/02/468704888/combing-through-41-million-tweets-to-show-how-blacklivesmatter-exploded (page consultée le 14 juillet 2017).

Finley, Taryn. 2016. « 8 activists who demand the world knows that black lives matter». Dans Huffington. En ligne. http://www.huffingtonpost.ca/entry/8-activists-who-demand-the-world-knows-that-black-lives-matter_us_56b39641e4b04f9b57d8c04b (page consultée le 16 juillet 2017).

Freelon Deen, et alt. 2016. « Beyond the Hashtags ». Center for Media and Social Impact. 92p.

Guynn Jessica. 2015. Meet the women who coined #Black Lives Matter. En ligne. https://www.usatoday.com/story/tech/2015/03/04/alicia-garza-black-lives-matter/24341593/ (page consultée le 15 juillet 2017).

Halstead, John. 2016. « The real reason why whites people say ‘All Lives Matter». Dans Huffington. En ligne. http://www.huffingtonpost.com/john-halstead/dear-fellow-white-people-_b_11109842.html (page consultée le 16 juillet 2017)

Keeanga-Yamahtta Taylor. 2015. «États-Unis, une rébellion aussi contre l’establishment politique noir ». Dans A l’encontre. En ligne. http://alencontre.org/laune/etats-unis-une-rebellion-aussi-contre-lestablishment-politique-noir.html (page consultée le 16 juillet 2017)

Laffargue, Olivier. 2016. Aux États-Unis, trois personnes sont tuées chaque jour par un agent de police. En ligne. http://www.bfmtv.com/international/aux-etats-unis-trois-personnes-sont-tuees-chaque-jour-par-un-agent-de-police-1003212.html (page consultée le 14 juillet 2017).

External Links

Official Website: http://blacklivesmatter.com/

Facebook: https://www.facebook.com/BlackLivesMatter/

Twitter: https://twitter.com/blklivesmatter

Notes

Auteur original: Axelle Tribouillier, Université de Montréal