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Problèmes et objectifs
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les démocraties européennes et occidentales se sont construites sur un compromis associant État de droit, protection sociale et promesse de progrès. Or, depuis les années 2010, ce modèle traverse une crise profonde, marquée par la montée en puissance de mouvements et partis qualifiés de national-populistes.
Histoire et contexte
Cette contribution propose d’analyser le national-populisme non seulement comme un phénomène identitaire ou anti-élites, mais aussi comme une réponse socio-économique à l’érosion de l’État-providence et à la mondialisation néolibérale. Elle montre que ces mouvements prospèrent sur le sentiment de déclassement social, l’augmentation des inégalités et la perte de confiance dans les institutions démocratiques, dans un contexte de désinformation croissante et de remise en cause de l’État de droit.
Organismes d’organisation, de soutien et de financement
FNR du Luxembourg/ projet Populex du Conseil de l’Europe
Méthodes et outils utilisés
À partir d’une approche comparative, l’analyse s’appuie sur plusieurs études de cas emblématiques : le mouvement MAGA aux États-Unis, la Hongrie de Viktor Orbán, ainsi que des dynamiques observées en France (Rassemblement national) et en Allemagne (Alternative für Deutschland). Ces exemples illustrent la manière dont le national-populisme peut devenir un ciment idéologique de nouvelles formes de gouvernance autoritaire ou illibérale, tout en revendiquant une légitimité démocratique.
L’article met également en lumière l’importance des dimensions socio-économiques du national-populisme, notamment à travers les notions de chauvinisme du welfare et d’État workfare, qui redéfinissent l’accès aux droits sociaux en fonction de critères identitaires et moraux.
Influence, résultats et effets
Enfin, cette contribution souligne que la crise actuelle des démocraties n’est pas seulement institutionnelle, mais aussi cognitive et éducative. Elle plaide pour une réaffirmation de l’esprit critique et du rôle de l’éducation civique et historique, notamment à travers des initiatives européennes comme l’Observatoire de l’enseignement de l’Histoire en Europe (OHTE), soutenu par le Conseil de l’Europe, afin de renforcer la participation citoyenne éclairée et la résilience démocratique.
Voir aussi
La démocratie de l’entre soi de Pascal Perineau
les ouvrages de Quinn Slobodan
Références
F. Albert, Populismes et fabrique des droits économique et sociaux dans le cadre des droits de l’Homme. Le FN et l’UDC (1992-2013). Avril 2021, Université du Luxembourg.🇱🇺
Déclarations de positionnalité des contributeur·rice·s
Auteur: Dr Frédéric Albert